20 juillet 2008

Iter arrive

33-05-iter-arrive.jpg

22 novembre 2006

ITER à Cadarache : un projet coûteux, dangereux et anti-écologique

A la demande de DestinsetTurbulences, voici la position des Verts et de sa candidate Dominique Voynet.
C'est un texte de 2005 mais toujours valable en 2006.
Gabriel BISIAUX. Vert à Deuil la Barre

Radioactive.gifDominique Voynet, ancienne Ministre de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement, Sénatrice de la Seine-Saint-Denis, dénonce la décision d'implanter ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) à Cadarache.
La France a obtenu de ses partenaires, et en leur forçant la main, le projet ITER à Cadarache comme l’a annoncé Jacques Chirac ce matin. En mal de légitimité, le Président de la République essaie de trouver là un moyen pour redorer son blason.

Mais l’argumentation est mauvaise : elle méprise la recherche, l’environnement et les générations futures.

On retrouve dabs cette affaire les mêmes méthodes, les mêmes ficelles et les mêmes trucages que ceux qu’on utilise depuis des lustres à propos de la filière nucléaire : Faire croire qu’il s’agit de poursuivre une recherche scientifique enthousiasmante, ayant pour objet de comprendre le fonctionnement précis de la matière .

Le débat ne porte bien évidemment pas sur le principe de poursuivre une recherche scientifique ayant un tel objet !

Le problème est une fois de plus que personne n’aborde vraiment ni les questions de contrôle des risques ni celles des impacts négatifs.

Or, il ne peut y avoir crédibilité que s’il y a précision et sincérité.

Nous en sommes loin et cinq dérapages le prouvent :

Premièrement, les conditions de la réaction qui ont lieu sur le soleil ne peuvent être reproduites sur terre. Cette complexité est bien évidemment éludée tant par les des présentations médiatiques que par les discours officiels.

Deuxièmement, l’idée mêle du « Zéro déchet » est approximative. Les matières premières du réacteur, à savoir le deutérium et le tritium, sont à la fois ténues, corrosives et fortement radioactives. Ensuite, la réaction de fusion s’accompagne d’une telle corrosion du réacteur de fusion que celui-ci devra être régulièrement régénéré, ses matériaux dégradés devenant autant de déchets.

Troisièmement, les incertitudes quant la possibilité même de produire de l’énergie en continu avec cette filière sont considérables.

Le pas attendu avec Iter, c’est de produire 500 MW pendant 400 secondes continues. Aujourd’hui, rien n’indique que la réaction de fusion puisse être stabilisée, que les matériaux du réacteur pourront tenir industriellement devant de telles contraintes, que le bilan énergétique en sera favorable et enfin et surtout que le kWh qui sortirait d’un tel réacteur serait compétitif. De plus, personne n’envisage que tout cela ait le moindre impact concret avant en terme de production d’électricité avant 2070 !
Quatrièmement, les risques sont totalement occultés. Il faut pourtant clairement constater que la technologie banalisée de la de fusion, ce serait la bombe H pour tous.

Le site d’implantation choisi correspond en outre à l’une des zones de France où il y a le plus de risque sismique.

Cinquièmement, le coût du projet est pharamineux. La réalisation de cet instrument de recherche va coûter la bagatelle de 10 milliards d’euros ! La France n’a obtenu Iter sur son sol qu’en élevant sa contribution, au moins un milliard d’euros sur les cinq de la construction.

Ce premier budget équivaut à un an de budget français de la recherche sur toutes les énergies en France ou à 10 ans de recherche pour la maîtrise de l’énergie.

L’un des effets les plus préoccupants de ce projet est qu’il va bien évidemment assécher les crédits des autres voies : efficacité énergétique, énergies renouvelables, véhicule propre... qui elles pourraient être au rendez-vous bien avant 2070.

C’est une véritable gabegie financière !

Alors que notre société déjà confrontée à un nouveau choc pétrolier est placée en face de trois défis vertigineux (assurer l’accès à l’énergie des pays en développement, faire face au tarissement progressif des ressources pétrolières et lutter contre l’effet de serre), le gouvernement privilégie une voie hasardeuse qui n’apporte aucune réponse à ces questions.


Dominique Voynet